Le thème central du projet est l'amélioration de la production, la transformation et la commercialisation de produits agricoles ainsi que le renforcement de l'organisation sociale des fédérations de fermiers dont font partie les bénéficiaires. L'objectif est de garantir la sécurité alimentaire d'un millier de fermiers et de leurs familles.

Kalibutan est l'association locale créée pour gérer le projet. Elle emploie plusieurs travailleurs issus des fédérations de fermiers, soit dans le domaine technique (chauffeurs, opérateurs d'équipements agricoles) ou dans le domaine social (coordinateurs).
Si au départ le projet se consacrait essentiellement à la production, au stockage et à la vente de riz, ainsi qu'à la distribution de buffles d'eau dans les villages, aujourd'hui, des équipements et des processus de transformation de cultures de rente ont été mis sur pied et le projet écoule sur les marchés locaux des produits aussi variés que le sucre brun, le lait de soja, les chips de bananes, les bananes frites, les chips de patates douces, le beurre de cacahuète, le ketchup de banane, les tartes à la noix de coco, ou encore les cacahuètes rôties et salées.
Les bénéficiaires sont plusieurs centaines de petits fermiers ou travailleurs agricoles qui se sont regroupés en 176 associations villageoises. Ces associations se sont elles-mêmes regroupées en fédérations. Les fédérations avec lesquelles Autre Terre collabore sont au nombre de 12, dispersées sur une surface grande comme à peu près un tiers de la Belgique.
Au cours de l'année 2004, le travail de terrain s'est surtout focalisé sur la nécessité de laisser sur place une structure solide, prête à voler de ses propres ailes.
Les associations sont gérées par des leaders. Ceux-ci ont reçu des formations complémentaires qui leur ont assuré un bagage solide, alors qu'un groupe d'une trentaine de nouveaux leaders ont été identifiés. A titre d'exemple, les formations ont porté sur l'organisation sociale, la réforme agraire, la gestion socioéconomique de projets générateurs de revenus, les cultures de rente et la gestion des communautés résidant en forêt.
Il en va de même pour les organisateurs locaux: ceux-ci sont originaires des communautés villageoises impliquées dans le projet, ou des écoles de Kabankalan - dont 90% des étudiants proviennent des zones rurales. Leur motivation et leur expérience de terrain doivent être complétées par certaines notions plus théoriques.