L'exploitation du minerai de bore

Création d'une entreprise inespérée (E. Pirard)


Le bore, c'est l'histoirede l'entreprise Tierra telle qu'on la connaît aujourd'hui et il se faitque le marché du bore est aussi — d'après un conférencier expert desminerais non métalliques qui s'exprimait dernièrement à ce sujet — unmarché très fermé et très mafieux. Quelques sociétés en ont le monopoleet c'est un marché dans lequel un petit indépendant ne saitpratiquement pas venir se glisser.


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Mais ça n'a pas empêché Guillaume, et Tierra à sa suite, de se lancer seul dans une petite entreprise bolivienne sur un marché du bore détenu essentiellement par des Américains, des Turcs et quelques Argentins en tentant de se faire sa petite place au soleil.

Le domaine des matières premières est très particulier. Il arrive que l'on crée des sociétés au départ de laboratoires, grâce à des idées nouvelles. On développe alors une technique et puis on regarde s'il y a un marché avant de créer la société. Dans le domaine des matières premières, la démarche est un peu différente: on a un gisement ou on n'en a pas. Guillaume, qui est initialement physicien nucléaire et n'avait pas de culture particulière en géologie, est parti de manière tout à fait empirique dans cette région du Sud-Lipez qu'il connaissait, en compagnie d'un paysan du coin. Il a passé en revue tous les salars (lacs salés) et c'est comme ça qu'il a découvert qu'il y avait des couches de borates ignorées de la plupart des gens voire de tous les rapports géologiques.

En effet, des expéditions de géologues américains et français qui étaient passées par là, n'avaient jamais, avant lui, identifié l'importance des ressources en bore. Et Guillaume, sans aucun moyen et bourlinguant des mois et des mois s'en est rendu compte. Pour Eric Pirard ça paraît incroyable. C'est comme si Guillaume s'était lancé en disant: «Tiens j'ai des borates»! Mais d'un point de vue professionnel, on fait normalement une reconnaissance complète, on évalue les teneurs, l'épaisseur de la couche, on fait des projections sur 20 ou 30 ans, on fait un plan d'entreprise, on regarde si on a un marché, etc.

«J'ai l'impression que lui, c'est comme s'il s'était levé un matin en se disant: tiens, c'est intéressant cette boulette et puis qu'après, il a pris contact avec des gens compétents qu'il avait autour de lui.» Son équipe était composée d'ingénieurs boliviens, chiliens et même d'un américain. Ce dernier lui a enseigné que ses borates étaient des borates de calcium et de sodium et que la transformation la plus intéressante à faire était probablement d'en faire de l'acide borique. Ce dernier est obtenu grâce à la réaction du bore avec l'acide sulfurique). Il a donc racheté une petite installation, a beaucoup bricolé et a bien failli ne jamais décoller. Sa chance a été de n'avoir besoin que de peu de moyens pour démarrer.

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