(Ancien projet)
Le moyen le plus élémentaire pour se déplacer au Nicaragua, c'est le vélo! Terre en avait conscience pour avoir refusé en 1987 de prêter ses camions pour la collecte de vieilles bicyclettes destinées au Nicaragua. Ce pays faisait à l'époque l'objet d'un embargo de la part des Etats-Unis. La crise était générale et gangrenait tous les secteurs de l'économie.
Cependant, cette idée généreuse - d'autres diront charitable - de donner des vieux vélos ne résistait pas à l'analyse. N'était-ce pas qu'une bienfaisance de plus, source de plus de problèmes que de solutions? Il n'y aurait pas deux roues les mêmes, ni deux pneus, ni deux pignons. Même pas de pièces de rechange disponibles!
Si vraiment il y avait un problème de vélos au Nicaragua, il fallait y installer un atelier d'assemblage. Ce fut chose faite à Jinotepe (Carazo) dès le 21 février 1988.
Ce projet a pris son autonomie le 1er janvier 1998. Tierra SA s'est spécialisée dans la fabrication de tous types de bicyclettes, mais surtout dans celle de tricycles de charge. Son développement économique s'est vu freiné à plusieurs reprises par un fonds de roulement insuffisant ou une mauvaise planification dans l'arrivage de pièces détachées.


L'instabilité du pays et les calamités naturelles ne vont rien arranger. Début 1998, le phénomène El Niño était cause de sécheresse au Nicaragua et d'une baisse importante de la production des centrales hydro-électriques illustrée par de nombreuses coupures d'électricité. L'ouragan Mitch de novembre 1998 emportera de nombreuses vies et un important stock de bicyclettes en dépôt chez les concessionnaires. Il entraînera l'appauvrissement général de la population.
Dans ce contexte et avec l'arrivée massive de vélos neufs à prix défiant toute concurrence de l'étranger, l'entreprise n'a pas survécu.
Pour garantir une activité avec les populations locales, nous avons pu mettre en rapport la firme Onduline, de Petit-Rechain et l'association Aprobenir. Cette dernière se consacre avant tout aux enfants des rues de Jinotepe et des environs. Elle a été constituée durant la présence de Terre au Nicaragua, à l'initiative d'André Fache, alors coopérant à l'usine de bicyclettes.
Onduline a fourni des plaques ondulées de 3ème choix et payé le fret jusqu'à Corinto, Nicaragua. Aprobenir, quant à elle, se charge de l'acheminement des plaques dans le nord du pays, de la formation et la rémunération des poseurs.
Aujourd'hui, le Groupe Terre s'est retiré du projet mais Aprobenir a pris avantageusement le relais ! En accueillant dans son centre de formation une quarantaine d'enfants de 11 à 18 ans, il leur permet de sortir de la rue et de se relancer dans une spirale positive propre à l'apprentissage et au développement personnel.