L’association Assaghsal
Cette association féminine est née en 1991 durant la période terrible de la rébellion. Des femmes issues d’horizons sociaux variés se groupaient pour générer des revenus en tentant plusieurs actions : le reboisement, le jardinage, le petit commerce, etc. Avec l’appui d’une ONG, en 92, elles ont aménagé un grand jardin commun et construit un local d’une belle architecture traditionnelle aux multiples salles permettant d’abriter des activités parallèles. En 99, Autre Terre a intégré Assaghsal à son programme d’actions.

Actuellement, le jardin commun est exploité par 18 des 44 membres. Chacune cultivant ses propres planches et ayant planté ses propres arbres fruitiers (citron, goyave, grenade). Deux puits équipés sont gérés collectivement, ils donnent satisfaction, même si les femmes n’ont pas le doigté de leurs maris pour la maîtrise de la moto-pompe. Toutefois, elles n’envisagent pas de revenir à l’exhaure manuelle par un délou à manivelle dont elles ont gardé un souvenir horrifié…
La trésorière, Zeinabou, animatrice au charisme remarquable, raconte avec fierté l’épopée qui a soudé toutes ces femmes, l’époque où il fallait se cacher pour transporter les matériaux de leur local, par honte envers les hommes et peur des rebelles.
La fierté aussi c’est d’apporter une contribution à la marmite familiale, qui équilibre le pouvoir des hommes, bien que la polygamie soit quasi inexistante. Elles estiment que la production de leur jardin est destinée pour 2/3 à leur famille et 1/3 au marché, à l’inverse du travail des maris.
Comme pour les jardins des hommes, les techniques non-maîtrisées sont le compostage, le binage, l’assolement, l’utilisation des outils.
De plus, la pratique du séchage des légumes invendus n’est pas encore courante. La valorisation de ce nouveau produit nécessitera l’ensachage, l’étiquetage et la prospection du marché.