
Derrière les magnifiques images qui nous parviennent du Brésil, se trouvent de nombreuses femmes, souvent chef de famille, qui luttent au quotidien.
Il y a onze ans, plusieurs d'entre elles ont décidé de se regrouper et de s'organiser pour sortir de la marginalisation. Leur volonté : ne plus subir, de manière passive, le dur quotidien de la mère non qualifiée, devant faire survivre sa famille de la mendicité. Pour y parvenir, elles ont créé une petite entreprise qui deviendra très vite une coopérative sociale d'une vingtaine de travailleuses. Leur domaine d'activité ? Le ramassage et le tri de déchets recyclables. Mais attention, ne vous avisez pas de les qualifier de chiffonnières ! Ces femmes sont aujourd'hui des professionnelles de la collecte sélective, dont le travail est très éloigné de celui, informel et surtout individuel, du chiffonnier. Par exemple, au ramassage, pas question de rentrer avant que le camion ait fini la tournée de l'ensemble des points de collecte - au total, plus de huit cents, répartis sur deux communes -; au tri, interdiction formelle de manipuler les déchets sans protection. Une caractéristique principale de la coopérative est aussi la solidarité qui unit ses membres entre eux. La Coopcarmo tâche de ne rien laisser au hasard. S'il est indispensable d'augmenter les quantités de déchets récoltées pour accroître les revenus, il est tout aussi important d'oeuvrer à la qualité de vie en général et aux conditions de travail en particulier. Comme nous allons le voir dans les pages suivantes, le partenariat tissé entre la Coopcarmo et Autre Terre vise donc, ces deux premières années, la formation des membres de la coopérative ainsi que l'amélioration de ses installations. Le maître-mot qui anime le projet reste bien "la récupération de la vie" par la valorisation de l'individu, la conquête de sa citoyenneté et de sa dignité.
D.G.
La Coopcarmo aujourd'hui...