Le partenaire d'Autre Terre au Brésil est la coopérative Coopcarmo, située à Mesquita.
Les premiers contacts sont pris avec une association de fait - le Recyclagem Nossa Senhora do Carmo- qui n'a pris la forme juridique de coopérative qu'en 2003. Ce groupe s'est constitué il y a une dizaine d'années suite à la visite par un prêtre, dans une autre ville du Brésil, d'un projet de récupération de déchets. L'idée est ainsi lancée de collecter, trier et revendre les déchets non-organiques de la zone.
C'est un groupe de femmes qui relève ce double défi : améliorer l'environnement tout en créant des emplois pour d'autres femmes de ce quartier populaire. Hada Rubia Silva (doc. Moi femme noire du peuple n° 100), l'actuelle responsable de la coopérative était déjà présente à la naissance du projet. Elle en est la mémoire vivante. Une autre personne joue un rôle important dans cette aventure : c'est Obertal, le prêtre du quartier. Un terrain de l'évêché est par exemple prêté au Recyclage par son entremise. Le groupe s'est toutefois peu à peu autonomisé par rapport à l'Eglise locale, même si des liens importants subsistent.
Le groupe a connu des hauts et des bas mais a toujours continué la lutte et le travail. En 2002, c'est une vingtaine de personnes qui collectaient quelque cinquante tonnes de déchets par mois. Ce sont principalement des femmes même si quelques hommes ont également été engagés. Pour appuyer le groupe, une facilitatrice brésilienne, Jacqueline Carrara (doc. qu'est-ce qu'une facilitatrice n° 100), a été engagée dans le cadre du partenariat. Elle a surtout visé à augmenter l'auto-estime des membres du groupe. Diverses activités d'artisanat au départ de matériaux récupérés ont aussi été lancées avec son aide. Récemment, résultat de son travail d'auto-organisation, la coopérative a obtenu le soutien de la Poste Brésilienne pour sensibiliser la population à l'importance de la récupération. Divers outils originaux sont utilisés pour ce faire parmi lesquels des animations théâtrales dont quelques jeunes du quartier ont été chargés. (doc. article théâtre n° 104).
La constitution de la coopérative a été un moment important dans l'histoire du groupe. Il a fallu au préalable accompagner chaque membre dans la recherche de ses documents d'identité. En effet, on n'imagine pas une coopérative constituée par des sans-papiers, ni en Belgique ni au Brésil. Le résultat de ce travail d'accompagnement est la constitution de la coopérative par les femmes qui y travaillent mais aussi une certaine renaissance de celles-ci. Sur le plan symbolique mais aussi très concret, avoir ses papiers d'identité a sans doute permis à certaines d'entre elles de se constituer une nouvelle identité de citoyenne. Avec ses droits et ses devoirs, comme celui de voter, à la fois dans la coopérative et pour les diverses instances politiques du pays.
Des responsabilités ont été prises par certaines femmes dans la gestion de la coopérative, même si cela ne va pas de soi. (doc. article n° 106) La participation à diverses formations a aussi été facilitée par le partenariat. Dans ce cadre, un projet particulier est né du constat que le Projet Wallonie de l'asbl Terre et le Projet Brésil de la Coopcarmo avaient des activités similaires (collecte, tri et revente d'objets usagers). Ce projet consiste en un échange de travailleurs (doc. L'Horloge du Sud) : deux femmes de la Coopacarmo (Hada Rubia Silva et Darcy Baldez) ont passé cinq semaines en mai 2004 au sein du Projet Wallonie ; une homme et une femme (Marc Colin et Anne-Marie Constant) de l'asbl Terre vont passer un mois au sein de la Coopcarmo en novembre de la même année. Un film (lien vers Nous : demande de documentation - film) est réalisé sur cet échange afin de permettre à tous les membres du groupe ou toute autre personne intéressée de participer à l'échange, au moins virtuellement. Hada nous donne son évaluation de cet échange : " Bien sûr, il est impossible et inutile de " copier " tout ce que nous avons vu et connu. Mais nous revenons avec une âme neuve, et je veux passer tout cela avec beaucoup d'enthousiasme au groupe ". (2 doc. d'évaluation de l'échange - vérifier l'orthographe)
Cette insertion dans la vie quotidienne de l'Autre avait déjà été expérimentée par quelques personnes qui sont à l'origine du partenariat. Il s'agit d'Obertal et d'Emmanuelle Robertz. Obertal, le prêtre de la paroisse où est né le projet a été invité en Belgique par l'ONG belge Entraide et Fraternité en 2000. Cette ONG soutenait en effet l'association de Mesquita depuis quelques années par des financements ponctuels. Obertal demande à rencontrer des associations actives dans ce domaine en Belgique. Entraide et Fraternité le met dès lors en relation avec l'asbl Terre. Un stage d'une semaine est ainsi réalisé par Obertal au sein des secteurs " récupération " du Projet Wallonie. Au même moment, une étudiante en sciences commerciales -Emmanuelle Robertz- fait elle aussi un stage au sein de Terre. Au terme de leur stage, il est décidé qu'Emmanuelle se rendra au Brésil pour connaître le projet brésilien. Elle y passera cinq mois à partager la vie quotidienne des femmes et des habitants du quartier. De retour en Belgique, engagée au sein de la cellule " Economie sociale " de l'Université de Liège, elle accompagnera une mission d'Autre Terre au Brésil. C'est le début du partenariat entre la Coopcarmo et Autre Terre et le premier projet de celle-ci au Brésil. Emmanuelle Robertz a depuis lors été engagée comme coopérante d'Autre Terre au Brésil. (cfr. article Manu n° 102 - ne pas oublier le cas échéant le texte de F. Greslou)
Coopcarmo
Rua Guarani, 405, Jacutinga, Mesquita, CEP 260564-040, Rio de Janeiro, Brasil
00 55 21 26 97 65 45
coopcarmo@ig.com.br
Emmanuelle Robertz
Coopérante Autre Terre au Brésil
manu_robertz@hotmail.com