Le contexte politique d'un projet de récupération de déchets peut être déterminant pour son avenir. A ce niveau, il faut savoir que les autorités élues de Mesquita ne faisaient pas grand-chose en faveur de la Coopcarmo, que du contraire. Bizarrement, l'aide la plus substantielle est venue de la commune de Nova Iguaçu sur le territoire de laquelle se trouvait la coopérative avant une réforme qui a vu naître la commune de Mesquita dans une partie de la première. Les collectes se font d'ailleurs toujours principalement auprès des habitants de la commune de Nova Iguaçu. Via l'entreprise privée chargée de la collecte des ordures ménagères, la commune met d'ailleurs à disposition de la coopérative un camion et un chauffeur. Les récentes élections municipales qui ont vu gagner le représentant du Parti des Travailleurs (PT) vont-elles modifier la donne et voir naître différents programmes d'appui à l'économie populaire et solidaire ? Les membres de la Coopcarmo ont bon espoir. Tout comme lorsque plusieurs millions de brésiliens ont élu leur dernier président pour le meilleur (l'espoir suscité dans le pays et dans le monde) et pour le pire (le peu de changements concrets dans la vie des plus pauvres).
Le Brésil est également le pays d'accueil de forums sociaux mondiaux (accueillis à Porto Alegre, une ville qui possède plusieurs organisations de récupération des déchets). Ces forums sociaux sont eux aussi porteurs d'espoir et d'une organisation différente de beaucoup d'activités humaines, jugées actuellement injuste et/ou inefficace. Parmi celles-ci : l'économie et la production. Malheureusement, vu de l'extérieur, les forums ne nous paraissent pas laisser assez de place à cette alternative concrète qu'est l'économie sociale et s'appuyer sur elle pour construire des propositions fortes.