A San Marcos comme à Ayacucho, la tara (voir introduction) constitue, pour les familles paysannes, une source de revenus qui est loin d'être négligeable. Dans certains caseríos de San Marcos, une enquête a montré que cette gousse fournissait 50% des revenus des familles.

Quatre années de travail d'AC Tierra autour de cette production ont permis d'atteindre plusieurs résultats encourageants.
Grâce aux actions de sensibilisation, de formation et d'assistance technique (Projet Remac), ce sont plus de 1.000 familles qui ont amélioré leur production de tara. Le but de ces actions d'accompagnement est de faire évoluer les mentalités pour que les familles arrivent à considérer la tara non plus comme la simple collecte d'une ressource naturelle mais comme une culture qui mérite une attention particulière avec l'application de pratiques et de techniques appropriées.
AC Tierra soutient également l'installation d'un réseau d'acheteurs locaux, qui sont en général des femmes, dont le suivi est assuré par des comités de producteurs. Il existe actuellement 25 comités, un par caserío, et ceux-ci sont regroupés dans une fédération provinciale: l' "Asociación de los Productores de Tara de San Marcos."
Le moulin de San Marcos qui sépare la gousse des graines, puis transforme la gousse en poudre, reçoit de nombreuses demandes de la part de clients nationaux, intéressés tant par la poudre que par la graine. Avec l'ouverture prochaine vers une exportation directe de poudre, le moulin est loin de pouvoir satisfaire l'ensemble de la demande qui augmente d'année en année.
L'expérience acquise par l'équipe de AC Tierra au niveau de chacune des étapes de la filière productive est maintenant notable au niveau régional, voire national, au point qu'elle reçoit de plus en plus de demandes pour réaliser, sous forme de prestations de services, des actions de formation à des producteurs, des expertises pour installer de nouvelles plantations de tara, etc.
Et enfin, vu l'intérêt porté par plusieurs institutions importantes de Cajamarca, particulièrement depuis le début 2003, une part importante du travail du coopérant aura été de promouvoir une instance régionale de coordination entre les différents acteurs qui s'intéressent à la filière productive de la tara.