Du 1 au 3 juin 2022, Autre Terre a représenté le COASP Burkina ( Comité Ouest Africain des Semences Paysannes ) à la conférence panafricaine de Dakar sur les systèmes semenciers paysans organisée par l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA). La conférence a regroupé une trentaine de délégué-es composé-es d’agriculteurs-trices, d’universitaires, d’OSC, d’ONG, de médias, d’organisations confessionnelles, d’agronomes, de juristes spécialisé-es dans l’environnement et des défenseurs-seuses des droits humains. Lors de la conférence, les participant-es se sont penché-es sur les lignes directrices sur les semences conçues par l’Union Africaine, et qui invitent les états membres à réviser leurs politiques semencières et leurs cadres juridiques afin d’améliorer leurs opérations dans le secteur des semences et de faciliter les mouvements transfrontaliers et le commerce des semences en Afrique.

Le patrimoine semencier africain est en danger.

En clair, ces lignes directrices poussent à la transformation forcée du patrimoine semencier africain en industrie semencière en reprenant à son compte les trois piliers du cadre constitué dans les pays occidentaux et que les industriels cherchent à imposer à tous les pays de la planète dans le cadre de la mondialisation des échanges commerciaux.  Les trois piliers sont: la certification de la qualité des semences, l’homologation et la protection industrielle des semences.

Si ces lignes directrices sont adoptées, c’est l’avenir de millions de personnes dont les moyens de subsistance repose en grande partie sur les exploitations familiales et les systèmes semenciers paysans, piliers de la souveraineté alimentaire et nutritionnelle en Afrique qui est anéanti. Aussi, les participant-es de la conférence ont recommandé que les processus liés à l’avenir des systèmes semenciers et alimentaires du continent africain soient soumis à des procédures démocratiques complètes dans lesquelles les groupes d’intérêt (y compris les communautés locales, les paysans, les agriculteurs et les consommateurs) participent effectivement et pleinement, conformément aux dispositions pertinentes des conventions internationales. La conférence a été sanctionnée par une déclaration qui sera signée par les participant-es et sera transmise à l’Union Africaine.